Un homme, deux semaines et le trac

life-of-pi-1v

Je me concentre, mais il n’y a pas grand-chose qui rentre. Ma vie est actuellement aspirée comme un typhon vers un au-delà en pause. La France, Paris, pour moi, c’est encore que des images fixes, on n’y vit pas, on en revient ou on y va… Mais ces images statiques sont déjà suffisantes pour m’empêcher de voir autre chose. C’est incroyable à quel point, même sans le vouloir, notre esprit déroge, va chercher ailleurs ce qu’on voudrait trouver ici…

Les jours passent et à chacun d’eux, je m’époumone au décompte des aurores me séparant de ce départ… Parfois, par envie d’un maintenant dans l’avion, d’autres fois, pour me faire réaliser ce qu’il me reste d’important à faire… Des gens à voir, des bebelles à acheter, des mots à prononcer… une présentation orale à terminer…ah lala.

La vie, parfois, c’est vraiment que du n’importe quoi. Un jour, on est assis devant son ordinateur, à compter les heures et à épier la vie des gens sur Facebook, le jour suivant, on s’envole, on respire, on s’exalte de l’inconnu, on s’enfonce dans le « carpe diem » de la vie… Bien profond, à s’en  “foutre” du demain pour vivre l’aujourd’hui. La vie, c’est peut-être que ça; qu’un détachement (apprendre à mourir, comme diraient certains philosophes!), mais pas par manque d’intérêt ou par lâcheté, bien au contraire… Je dirais que c’est une prise de conscience du vrai : se rappeler que demain n’a pas à être comme aujourd’hui et qu’hier ne définit pas où tu te trouves présentement. Bref, accepter que tout se joue toujours dans le maintenant et que ça devrait être bien parfait comme ça…. Décrocher….

Ces derniers jours, j’ai tellement fait de patin à roues alignées et de marche dans Sherbrooke, que je m’en suis détruit les pieds et les chevilles… Je regardais le lac, la rivière et les arbres en les appréciant autant qu’à la première visite : c’est incroyable à quel point on savoure toujours davantage ce que l’on va perdre… Je me regarde aussi comme si j’étais un étranger, un Francis qui restera à Sherbrooke pour donner la chance à un autre de prendre sa place; un autre plus vivant, plus expérimenté et plus chamboulé peut-être…

J’aime et je crains cette idée du voyage qui transforme. Pour le mieux ou le pire? je ne saurais dire, mais qui nous change, simplement… Qui nous rend plus nostalgiques de ce que l’on aura connu, plus tolérant à certaines différences et plus amoureux de ce qui nous tient le plus à cœur… On jette des parties du soi pour les remplacer par le soi que l’on deviendra. Comme Alexandre Poulin, je me questionne tout de même à savoir « si on devient qui on est, ou si on est qui l’on devient… » Devenir…

Je trouverai peut-être une réponse à cette question… mais pour l’instant, j’ai une présentation à terminer, des gens à voir, des choses à préparer et des émotions à vivre… On s’en reparle, la vie. À bientôt.

Francis

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