Décrocher

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J’errais, la tête dans l’eau, le corps maintenu à la surface par une veste de sauvetage et j’étais bien. Je me sentais parfaitement à ma place, avec ce casque jaune fluo, cette veste rouge et ce large sourire au visage. J’étais au milieu d’un énorme lac, à la dérive, mais d’une humeur impeccable : je vivais.

Je n’ai rien contre le train quotidien de la vie, ce traditionnel « métro/boulot/dodo ». Mais je crois que parfois, nous oublions ce que nous sommes : des animaux évolués. Je ne dis pas cela pour rabaisser la nature humaine, mais plutôt pour rectifier une ligne de pensée qui me plaisait aujourd’hui. En naviguant au gré des courants de la rivière Jacques-Cartier, dans Charlevoix, je me suis mis à réfléchir à ce que j’étais : ce singe adapté à un environnement qu’il modifie à son tour pour répondre à ses besoins. Je crois par contre que certaines de nos inventions ont aussi l’effet de nous forcer à être ce que nous ne sommes pas. Villes, voitures, travail, temps, argent, productivité, efficacité, consommation… J’ai l’impression que cet animal issu de la nature s’y perd par moments.

Et moi, je me suis retrouvé : dans la simplicité d’une étendue d’eau, entouré de forêts, à entendre au loin le rire d’enfants qui s’amusent à sauter à pieds joints dans l’océan de plaisir dans lequel je baignais tout autant. J’observais le ciel, je sentais les vagues refroidir mon échine, je sentais la douleur de mes muscles crispés à la suite d’une longue série de coups de pagaie… Je me rappelais que je suis aussi un enfant qui aime laisser le temps de côté, qui n’a pas à prouver qu’il doit répondre à des attentes d’efficacité; en simple; un petit singe qui n’a qu’à profiter de ce que la vie lui offre… et j’aimais ça.

Ce qui est magique avec les vestes de sauvetage, c’est que vous pouvez vous jeter d’une falaise de 30 pieds et après un petit moment sous l’eau (quoiqu’effrayant), vous remonterez à la surface, vous respirerez un bon coup et tout sera terminé. Mais dans notre vie quotidienne, cette veste, nous ne l’avons pas autour de nous. On l’oublie çà et là. Au chalet, chez un bon ami, dans les bras de notre mère et parfois même, elle est si usée et brisée qu’on la perd dans l’océan de tristesse qui nous habite… Alors on plonge et la remontée est parfois longue et pénible. Quand on en ressort, on est fatigué, même le rivage semble hors d’atteinte…

Aujourd’hui, je me suis rappelé que j’avais laissé une veste de sauvetage quelque part dans une rivière, et que j’en avais une autre logée dans un souvenir heureux… Je me suis aussi rappelé que j’avais des limites, tout comme mes bras tremblants. Puis finalement, je me suis souvenu que j’étais ce grand animal qui a la force d’affronter autant la ville que la nature….. C’est fou ce qu’une journée de Rafting peut apporter. 🙂

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