Première visite de Paris

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Aujourd’hui, j’ai bu un café allongé devant la Tour Eiffel. Juste comme ça… parce que je le pouvais. J’en avais le désir, l’envie, le besoin, mais plus principalement : la chance.

Devant cette imposante structure métallique qui ferait rougir Goliath, j’admirais de par la beauté du paysage parisien, la chance qui était mienne. Voyager par-delà les océans pour admirer ce que d’autres ont érigés, marcher le boulevard des Champs Élysées pour ensuite me retrouver par accident au Louvre… j’en rougis encore de satisfaction. Je crois que les Québécois ont souvent cette rétention à exprimer leurs grandes joies et leurs savoureux privilèges, mais cette fois-ci, je ne m’en tairai point. En sortant du métro, prenant à droite à la sortie, je tombai nez à nez avec cette structure plus vraie que nature, je ne puis que vous avouer que j’étais estomaqué. Ce que l’on ne réserve qu’aux personnages de films m’était offert. J’étais, pour l’instant d’un moment, la star de ce film qu’est la vie, et ça me plaisait.

Ce café, il me fallut belle lurette pour le trouver (tous les lieux où je pus en demandé m’informa du bris de leur machine..) et ce qu’il me permit de constater était encore plus savoureux que son attente et encore plus que son odeur : je constatai l’exquise saveur du temps duquel l’on profite. Certes, nombreux sont ceux qui ont pu me répéter que Paris ne se visite pas en 3 jours, qu’il y a tant à voir et je ne puis qu’acquiescer à cela. Je rajouterai même qu’à désir de tout voir, l’on ne voit rien. Nous avons cette amusante mentalité de croire que vivre c’est de courir, tout faire, rentabiliser ($) notre temps… Mais à la course, on ne voit ni le temps qui passe, ni la vie qui coule. C’est justement à la suite d’une gorgée de ce nectar des intellectuels, que je mis une pause à cette course vers le désir d’exister. Pour m’arrêter et admirer ce qui est…

Mon café en main, le premier désir qui me guettait était de trouver le lieu idéal pour en profiter; pas trop loin, mais pas trop près de la Tour; à équidistance entre le calme et la vue. Je trouvai cet endroit idéal sur un petit banc vert; devant moi, le temps, la vie, la tour, le calme; une pause pour le beau; ode au temps qui fuit.. Je faisais finalement parti de ce moment à la Française. Je n’étais plus ce touriste à la capitaliste qui courrait les spectacles et le rapport temps / argent. J’étais cet homme qui prenait le temps d’admirer ce qu’il est et ce que cela lui faisait que de vivre… J’étais là.

En bref, ce que j’ai pu admirer aujourd’hui m’a rappelé que parfois, l’on devient insensible aux beautés de ce monde. Par moments, on ne sait plus regarder, admirer, apprécier comme il se doit. Au tout début, J’ai regardé cette tour impressionnante que quelques secondes et j’ai eu l’impression de l’avoir vécu en entier. Je savourai le premier ressenti et le rejeta pour ainsi poser mon regard ailleurs… j’étais devenu cet homme trop longtemps nourri au sensationnalisme (contre lequel je me bas, pourtant…), se lassant irrémédiablement de tout ce qu’il possède, même d’une Tour de plusieurs centaines de pieds….

Ce café  était ma rédemption. Cette coupure du goût du spectacle pour ce goût du délicat, du détail. Un gendarme qui court après un vendeur de répliques miniatures de la Tour Eiffel; ce jeune couple bicolore à l’accent de l’ancien monde; ce ciel où réside le sommet d’une structure métallique d’une allure d’artefact d’un temps oublié; ces bâtisses aux motifs romantiques qui découpent les rues comme le ferait un chef d’orchestre en imposant un tempo digne des grandes pièces de Mozart…. Bref, aux images s’additionnaient des idées, aux sons venaient se greffer une mémoire et à l’expérience se complétait un petit peu plus ma vie.

Je dirai donc que Paris ravive les sens, leur donne un regain de sens. Paris est vivante, elle enivre qui se laisse tenter. Je n’ai presque rien vue, mais ce que j’ai admiré, je le possède en entier et à ma façon. Demain m’attend et avec lui, un petit morceau de plus de ce que la vie a à offrir, autant en sons, qu’en images, qu’en saveurs et en leçons.

Bonjour, à bientôt,

Francis de France

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