Première semaine à Montpellier

EncensoirLes jours s’effritent lentement, comme une berge dévorée par de longues et douces vagues. Voilà sans doute la façon la plus exacte avec laquelle il m’est possible d’expliquer ces sept derniers jours en terre de France. Ceux m’ayant vue pourraient me reprendre en me disant que je n’ai fait que courir çà et là, à la conquête de documents, photos et informations, mais jamais je n’ai eu à courir; j’ai tout fait à la marche, aux pas du temps, des pauses et des festivités… Paris est en fête autant que Montpellier est en paix.

On découvre une liberté impressionnante, même au sein d’une petite chambre de résidence. Les matins s’accompagnent d’un ciel bleu et calme, d’un soleil vif et présent, d’une énergie nouvelle, d’un souffle d’exaltation, bref; d’un petit peu de ce que la vie a de plus beau à offrir… et ça, on ne le comprend pas tout de suite. Je m’explique…

À Montpellier, il y a deux possibilités pour accueillir le jour : le modèle Nord-Américain et productiviste, où on court après le temps, et le second, pour lequel, on prend le temps de vivre. Le premier modèle était le mien au tout début. L’inquiétude de ne pas arriver à l’heure, d’avoir des papiers manquants, l’inconfort de ne rien savoir. Ici, on me répondait à maintes et maintes reprises : ‘’Tranquille’’, dit, bien entendu, avec un accent du sud qui a le don de calmer un cœur nerveux.

Lentement, j’apprends à m’adapter au second modèle, où la vie, c’est maintenant, c’est tout le temps, ce n’est pas plus tard, quand on trouvera le temps, mais le petitprésent qui fait sourire. Dans la vie, on le sait bien que tout s’arrange, tout ira pour le mieux, que tout fini par s’arranger, que vivre c’est beau, mais étrangement, en occident on se le dit sans le comprendre…

C’est un peu pourquoi j’ai attendu une semaine avant d’écrire quoi que ce soit. Je voulais prendre ce temps pour moi, Facebook me stressait, les questions des gens et leurs attentions venaient contrecarrer cette apprentissage de la vie d’ici.

J’ai peine à trouver les mots pour vous mentionner comment Montpellier c’est beau, grand, calme, chaud, paisible et joyeux. Tous  ces qualificatifs sont un peu trop ternes pour aller chercher l’essence de ce qui est ici… si j’use d’une approche plus métaphorique, je dirais que : La ville est comme cet encensoir que les curés font danser dans les églises. Elle embaume de son fumet la froideur de l’écho, le calme des tristesses, la joie des retrouvailles et les défunts perdus. Cet encensoir purifie de par l’extase olfactive et symbolique qu’elle produit celui qui l’admire et s’en enfle les poumons pour ensuite l’enivrer de paix. Elle brille, danse et relui tant dans les moments tristes qu’heureux, elle est ce phare qui guide lentement l’âme vers les cieux et lui rappelle qu’au-delà de l’homme, il y a le beau… Montpellier est l’encensoir qui guide autant mes jours que mes nuits.

Alors voilà ce que j’ai à dire pour débuter, je serai plus explicite dans mes prochains messages, mais pour saisir ce qui est, il faut être en mesure d’en posséder l’âme. J’espère être en mesure de vous offrir un petit peu de mon encensoir méditerranéen.

À bientôt,

f.

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