Nous étions Rois

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Par-delà les temps et les époques, nous parcourions les dédales de vieilles civilisations enterrées sous l’effort et la pierre. Nous marchâmes là où, avant nous, les Seigneurs, les Cardinaux et les Rois crurent bon d’élire domicile. Nous vîmes ce que l’homme peut bâtir au nom de la foi, de la peur et du devoir. Nous priment le temps de savourer un repas qui rassasia autant notre corps que notre âme, bref, pour quelques jours, nous étions nous-même, les Rois de jadis…

Au volant de notre noble destrier, appelé amicalement  « Fiat 500 », la vie nous appartenait. Nous parcoururent des miles et des miles, à la recherche d’un ancien monde; d’une civilisation qui parla à la pierre, la sculpta, lui donna raison d’être autant qu’une noble mission : élever un peuple par-delà le temps qui passe…

Il y a de ces spectacles auquel l’on ne s’attend pas, ce qui s’offrit à nous en fut un parfait exemple : la beauté de l’exceptionnellement grand. Notre première destination, entre acolytes du Nouveau Monde, était nul autre que la ville de Narbonne. En ce lieu repose une impressionnante cathédrale. De celles qui donnent la foi au non-croyant, qui donne raison en la puissance de la croyance en un Dieu. On y pénètre avec respect, la tête basse, mais avec un cœur battant sa charade d’enfant excité. Les toiles, les carreaux aux mille et une figurines, les anciens parchemins qui servirent d’aumône à bon nombre de cardinaux, tout cela s’offrait à nous dans le calme de l’encens; un calme qui apaise la mort et la rend inoffensive…

Les Rois que nous étions explorèrent, riaient et s’impressionnaient de tout, mais notre quête ne faisait que débuter. On offre, au plus aguerrit des princes, le privilège d’une ascension infinie. Celui qui le souhaite, en échange de quelques pièces, peut affronter la bête : un escalier en colimaçon qui servait aux soldats et gardiens des geôles, leur permettant d’atteindre le plus haut sommet accessible à l’Homme. Nous avions encore à prouver nos lettres de noblesses, malgré bon nombre de périls que nous avions déjà franchis. La tête nous tourna, les pieds nous glissèrent, l’essoufflement nous atteignit, mais jamais nous n’aurions osé renoncer… et nous avons bien fait…

En déposant pied sur la 173 marche qui sépare le sol des cieux, nous touchâmes à notre récompense : une vue imprenable sur une merveille d’un temps révolu. Au sommet de cette bâtisse nous venions d’être couronnés élus de la France et héritiers d’émotions grandioses. Nous admirâmes Narbonne dans son impressionnante rigidité. Devant nous, les montagnes, le ciel, un vent déchaîné et la vue sur l’imposante cathédrale. De ce sommet, nous comprimes ce que les Dieux de l’Olympe ressentaient : leur domination sur l’Homme. De là-haut, les mortels ressemblent à de minuscules grains de poussière que l’on peut balayer du revers de la main. Nous devions hurler pour nous faire entendre, car Hélios nous rappelait sa puissance et nous faisait comprendre que ceci n’était qu’un rêve, nous sommes qu’hommes dans une marée d’humains…

J’ai vu la vie comme pouvait le faire les Dieux, j’ai goûté à l’extase de se sentir au-dessus de tout et j’ai compris le privilège qui était mien en cette belle journée… J’étais, pour l’instant d’un moment, Lancelot,  Richard Cœur de Lion et Apollon… Comme le soleil nous quittait, nous redescendîmes de la bête, nous allâmes festoyer au bord d’une rivière, vin à la main et sourire aux lèvres. La journée s’achevait, mais non pas notre quête d’aventure… Demain nous avions une ville fortifiée à envahir et un château à conquérir… Gloire aux trois grâces et que les Dieux nous gardent.

f.

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