31 jours plus tard

Il y a exactement un mois, notre oiseau de fer et d’espoirs migrait vers le Vieux Continent. Deux semaines plus tard, après avoir traversé l’Hexagone de haut en bas, nous débutions nos cours dans un chaos administratif on ne peut plus français.

Débarquant au milieu de la nuit du 1er septembre dans la très étudiante Montpellier, planifiant une petite nuit de camping plus ou moins légal là où le hasard nous porterait, nous avons finalement atteint les résidences sans encombre. Après avoir déposé nos sacs dans nos tanières respectives et avant d’aller chercher un repos bien mérité, un jeu d’échecs géant et quelques bouteilles de vin nous permirent de festoyer, célébrant les toutes premières heures du vingt-septième anniversaire de Francis. Montpellier : cette terre promise des étudiants, cet exil frivole à saveur méditerranéenne, cette époque au potentiel paradisiaque. Nous y étions.

De l’extérieur, la ville impose un charme certain, souvent véhiculé par cette pierre couleur sable trahissant sans cesse la culture méditerranéenne ainsi que la proximité de l’Empire Romain. Des places piétonnières rongées par les terrasses et les cafés, des voies pavées à l’ancienne et une architecture qui témoignent d’un passé que l’Amérique ignore. Ajoutez à ce portrait autant d’accueils sémillants que de passants, vous obtiendrez le premier coup d’œil.

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Ah! Et des universitaires. Des tas, et des tas d’universitaires. Paul-Valéry, qui n’est que l’une des trois universités de la ville, compte à elle-seule 18 500 étudiants. Le quotidien se vit donc au rythme d’un dynamisme sans gêne, d’un mélange de nationalités sans précédent et de nuits en constante effervescence. Francis et moi nous sommes d’ailleurs lancés le défi, lors de notre première soirée en terre des Droits de l’Homme, de ne laisser passer aucune journée sans avoir vu le fond d’une bouteille de vin et ce, jusqu’à la fin de notre voyage. Ambitieux projet, insouciant peut-être. Mais l’alcool est un langage planétaire que plusieurs parlent volontiers, et il s’est avéré un intéressant catalyseur d’amitiés.

D’un point de vue plus pragmatique, notre nouvelle demeure nous plaît bien. La bonne fortune nous a permis de trouver quantité d’objets lors de notre nuit d’arrivée, abandonnés près des poubelles ou de l’entrée de nos résidences. Chaudrons et poêlons, plats et balais, chaises moelleuses et petit fourneau. Mais le plus important : ces deux petits pots de Nutella en vitre, à peine fissurés et laissés pour mort dans la poussière, qui acceptent remarquablement bien leur nouvelle vie de coupe à vin. Une célébration au mousseux n’aura jamais eu aussi fière allure.

Entre les bouteilles de fêtes, les overdoses de bon fromage et les cours trop magistraux, il ne nous reste que l’essentiel. De séduisantes parois d’escalade naturelles aux quatre coins de la ville, une Méditerranée qui ne se lassera jamais de nous faire oublier l’école, quelques amis en puissance qui installent une slackline à cinq mètres de ma fenêtre.

Je l’enjambe en vitesse, offre un signe de main en guise de présentation et les sourires accueillent mon accent. Une odeur de simplicité s’installe, comme si l’on se côtoyait depuis plus que 18 secondes.

Montpellier City, where the grass is green and the girls are pretty.

Alexandre

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Un avis sur « 31 jours plus tard »

  1. Alexandre je n’ai que des merci à te faire. J’ai l’impression de voyager en te lisant. Je vais attendre ton prochain mot avec impatience.
    Denis

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