La Nostalgie du voyageur

Je m’inscris actuellement dans une historicité loin de la mienne. Je respire, m’insurge et j’abrite les tourments, les problèmes sociaux et politiques d’un ailleurs québécois. J’ai l’impression que lorsque nous partons en voyage, on accepte, sans s’en rendre compte, de perdre une partie de notre nationalité. Chaque seconde que l’on passe loin de notre pays d’origine nous inscrit et nous construit dans une nouvelle réalité culturelle et historique. On y forge un caractère, des émotions, des patois et des tonalités nouvelles. À Montpellier, le Francis québécois, c’est un peu du présent, beaucoup du passé. Je suis moins Québécois actuellement que n’importe quel individu qui n’a jamais quitté le territoire. Il y a comme une date d’expiration de par laquelle on est plus ce qu’on croyait être. Je me construis dans le nouveau et avec lui, je me défais lentement du passé. Pas pour l’oublier, mais pour lui donner un sens nouveau.

J’ai comme l’impression de regarder ma province d’origine du haut d’une montagne médiatique, avec des jumelles construites en médias sociaux. Je comprends pourquoi les Dieux de l’Olympe ne se souciaient que peu du destin des hommes; plus on en est loin, moins on entend les non-dits qu’ils racontent. Ça reste un petit murmure auquel on tente, avec misère, de donner une entière sonorité. Je fais des erreurs, j’interprète mal et ça me fâche.

Il reste que j’en suis presque à m’ennuyer des tempêtes hivernales qui approchent et des rafales pluviales de l’automne. J’envie déjà un peu le froid matinal, accompagné de son  doux givre. Mais en ce moment, ce sont les couleurs de l’automne qui me manquent; ces jaune, rouge et orange, qui dansent ensemble la mélodie funèbre des forêts qui s’endorment, et qui chantent avec le vent, les légendes de nos bois. Vous vous rendez comptes qu’ici, à Montpellier, on vit sans orange et rouge? Je me sens comme si on avait redessiné les arcs-en-ciel sans y investir toutes les beautés du monde.

Nostalgie, nostalgie…

Je tiens à m’excuser, de ce petit texte qui ne vous racontent pas ma vie d’ici et qui ne vous offre pas d’images de Montpellier. En cette soirée, j’ai préféré vous donner quelque chose d’aussi vrai : la  « Nostalgie du voyageur ». Cette douce émotion de deuil et complaisance à réfléchir à ce qui n’est plus accessible. Ce ressenti à l’égard d’une belle pensée qui nous hante se partage difficilement, prenez le comme un petit cadeau qui vous raconte ce que vous avez la chance de posséder. 🙂

Bonne journée,

f.

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