La Petite Ourse

J’ai admiré un ciel sans nuage, comme s’il n’était qu’illusion. Mi-pantois, mi-songeur, je contemplais ce que la vie a toujours eu de plus simple à offrir : un toit aux milles splendeurs. Parmi cette myriade d’étoiles, j’ai trouvé ce que je pensais – naïvement – que visible au Québec : la Petite Ourse et son Nord éternel. J’étais amusé et ému; je venais de saisir cette image banale de ces deux amoureux qui espèrent, en admirant la lune la nuit, qu’ils partagent un court instant un ressenti commun. Je contemplais, à des milles et des milles de vol, ce que tant de fois je prenais plaisir à chercher lors de mes nuits étoilées. Mon Nord, ce n’était pas la direction de l’une de ces étoiles, mais ce symbole stellaire qui me prouvait une fois de plus que j’étais partout chez moi…

Ma chambre de résidence ne fait pas plus de 14 mètre carrées et pourtant, j’ai l’impression de posséder le monde. Les murs où j’habite ne sont qu’habillés de blanc, mais j’y ressens une chaleur réconfortante. Mes articles de cuisine sont des objets abandonnés sur le trottoir, et malgré tout je mange comme un roi. J’ai si peu de vêtement avec moi que j’ai peine à me vêtir différemment sept jours de suite et malgré tout, je suis parfaitement heureux. Tout cela, simplement car j’ai trouvé mon Nord…

L’Être humain a ce fabuleux don et défaut de pouvoir vivre en tous lieux comme si ils étaient sien. Cette peur qui nous abrite à l’idée de quitter les terrains battus nous limite dans nos plus belles découvertes… « Quand l’on se perd, l’on se trouve » dira-t-on… Je ne puis qu’être en accord avec cette phrase si souvent lancée à la dérive des conversations. Il suffit simplement, il me semble, de s’approprier une partie du monde et trouver son petit bout de ciel…

Montpellier, c’est un ailleurs comme bien d’autres : aussi magnifique qu’on le rêve la nuit, aussi doux qu’une peluche que l’on serre contre notre cœur. Un ourson bien étrange, me dira-t-on. À cela je ne pourrai qu’acquiescer. Une peluche faite de rues étroites, de bâtisses dont l’âge dépasse la naissance de mon pays, et qui abrite en son centre une richesse humaine qu’il fait bon découvrir.

Cet ourson il a aussi un œil en moins, car comme toute chose, il possède ses petites souffrances. Ces gens à demi visible que l’on rencontre sur les artères principales, qui quémande à manger, autant pour leurs enfants que pour leurs chiens qu’ils chérissent tant. J’ai peine à rester muer à la vue d’une famille se nourrissant à même les poubelles, non pas parce que le geste est décadent, mais parce que je suis attristé de ne pouvoir les aider autant que j’ai pu l’être lorsque la vie m’offrait que des miettes de bonheur. J’ai toujours été gourmant, que voulez-vous? Et maintenant, tout va bien; je me nourris du ciel…

Ces derniers jours, le soleil a laissé place aux nuages. La nuit, les cieux sont vides d’espoir et sombres comme l’ébène. Mais j’ai encore mon Nord. Si un jour je ne l’ai plus, c’est alors que je l’aurai donné à quelqu’un d’autre. Pour l’instant, je continue mon petit bout de voyage, guidé par le goût de découvertes et ma passion pour les sensations fortes. Faites-moi plaisir et dites-moi que vous avez aussi votre petit Nord quelque part; ce sens que vous trouvez en la vie et qui vous rend digne de vos rêves d’enfants…

Après tout, ça ne devrait pas être trop compliqué; il y a tant de constellation dans le firmament, il suffit de choisir la vôtre… Si ça vous dit, je vous partage la mienne! 🙂

f.

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