Liebster Award

Il y a quelques jours, j’ai eu la surprise d’être nommé pour un Liebster Award par un fantastique couple d’amis rencontré en Mongolie. Deux personnes joyeuses, simples et authentiques que j’ai revues ici même, à Pékin, et que je vous invite fortement à découvrir sur leur blog lemondeadeux.com. Ils y relatent leurs expériences autour du monde depuis bientôt un an: un intéressant mélange d’aventure, de volontariat et de contacts privilégiés avec les locaux.

De façon plus concrète, le Liebster Award, c’est une sorte de chaîne qui existe entre blogueurs pour promouvoir les jeunes blogs, les faire connaître et partager ses coups de coeur. Je me prête donc au jeu à mon tour.

Les règles

  • Remercier celui qui t’a mis en nomination en insérant le lien de son blog;
  • Raconter 11 anecdotes sur soi;
  • Répondre aux 11 questions qui t’ont été posées;
  • Nommer et insérer les liens de 5 à 11 blogs qui ont moins de 200 abonnés, en les informant de cette nomination;
  • Leur donner 11 nouvelles questions;
  • Prévenir le blog qu’on a accomplit sa tâche.

11 faits sur moi

  1. Chaque fois que je finis de lire un livre, je le laisse là où je l’ai terminé. Sur la table d’un café, sur un banc de train, sur le divan d’une auberge, sur le béton d’un port… En espérant que quelqu’un passe et qu’une nouvelle histoire commence (je suis tellement romantique, je sais)!
  2. Au fil des années, j’ai développé trois grands rêves: (dans l’ordre) me rendre en Mongolie, faire le tour du monde et me rendre en Turquie. Check, check (en cours…) et check.
  3. Je peux manger plus sucré que n’importe qui. En fait, je peux probablement manger plus que n’importe qui, point final.
  4. Je me suis déjà glissé dans une auberge de jeunesse pour y dormir illégalement.
  5. Il y a une tache de brun dans le bleu de mon oeil droit.
  6. Je considère que de travailler avec les locaux est de loin la meilleure façon de découvrir une culture, c’est-à-dire de voyager.
  7. J’adore le groupe Bon Jovi.
  8. J’ai et aurai probablement toute ma vie des orthèses moulées dans mes souliers parce que j’ai les pieds plats. Il y a quelques années, j’avais cru comprendre que ça devait me rendre moins endurant.
  9. Je n’aime pas et ne bois jamais de café (je vous rappelle que j’ai quand même réussi à obtenir un diplôme universitaire).
  10. J’ai perdu deux appareils photos, 4 cartes SD (totalisant exactement 100 Go, mais presque inutilisées), trois clés USB pleines de photos, un passeport, deux cartes bancaires, 300$ comptant, une paire de bas, un t-shirt, un rain cover pour mon sac-à-dos, deux fourchettes, deux cuillères, une assiette, un canif. Et je me suis fait voler un iPod.
  11. Je regrette très peu.

Mes réponses

  1. Le plat que vous avez préféré et dans quel pays ?
    J’hésite encore à savoir qui de l’Italie et de la Turquie possède la cuisine la plus appétissante et complète. À devoir choisir un seul met, je pencherais du côté turc, pour les desserts. Les baklavas authentiques sont définitivement ce qui s’approche le plus d’une intervention divine en ce bas monde.
  2. Quelle est la chose la plus dure pour vous en voyage ?
    Quitter les gens. Ce fut un thème récurrent dans mes textes et il y a une bonne raison derrière cela. Si l’adieu est pour moi le moment le plus difficile du voyage, c’est aussi l’un des meilleurs. Un instant très intense. Un instant où il faut laisser aller ce que le voyage a de mieux à offrir.
  3.  Avez-vous déjà eu des coups de blues et envie de rentrer ?
    J’ai eu mes coups de blues, plus d’une fois. Des moments ardus, déclenchés chaque fois par des séparations très significatives, à commencer évidemment par celles de Samuel, de Francis et de mes amis de Montpellier qui se sont succédées en janvier 2014.Des envies de rentrer? Non. J’avais réussi à faire la paix avec l’idée de revenir au Québec quelque part vers la fin de l’année 2014, mais je n’en avais pas envie. C’est pourquoi je me suis trouvé un boulot à Pékin quelques semaines plus tard.
  4. Si vous avez un téléphone, quelle est l’application smartphone qui vous sert le plus ?
    J’ai acheté mon premier téléphone cellulaire à vie en Mongolie, un genre de mini Nokia des années 1800 au clavier effacé. J’ai depuis troqué mon antiquité pour un smartphone chinois, que je n’utilise même pas à 2% de ses capacités. Depuis l’Espagne cependant, je possède un iPod Touch sur lequel j’ai une poignée d’applications. Je l’ai souvent utilisé pour skyper et – encore plus pratique – pour appeler à l’international (assurances, banques et cartes de crédits, employeurs potentiels, etc.) souvent à des numéros sans frais. Bref, avec Skype et un réseau Wifi, un iPod se transforme en téléphone portable très abordable (je n’ai dépensé que 4,48$ jusqu’à ce jour)!
  5. Les pires toilettes que vous avez testé ?
    Oh god.Je suis dans un bus de nuit entre la frontière mongole et la capitale chinoise. Nous arrivons à Pékin vers 4 heures du matin et comme la coutume le veut lors des arrivées nocturnes, le conducteur nous laisse dormir dans le bus jusqu’au matin. Sauf que j’ai eu mon premier repas chinois pour dîner/souper et maintenant ben… ça veut sortir.Pis ça presse.

    Les fesses serrées, je finis par trouver un moyen de mimer ma demande de « SONT OÙ LES TOILETTES DANS CE TERMINUS CHINOIS-LÀ?! » Le conducteur me pointe un bâtiment sombre, me pointe à gauche, puis à droite, puis fait deux-trois signes incompréhensibles avec ses mains en rajoutant des mots chinois par-dessus. Je me dirige vers le bâtiment en question, trouve la porte des toilettes et me retrouve devant une oeuvre d’art.

    Des oeuvres d’art.

    Vous connaissez le principe des toilettes turques? Le trou au-dessus duquel on s’accroupit pour se vider le dedans? Ben cette fois-là, c’était cinq beaux trous, bien abandonnés, bien pleins. Pleins dans le sens de « débordants pas à peu près ». Dans le sens que mon analyse – assez rapide étant donné mon état – de la situation s’est résumée à : lequel des cinq a le moins gros tas?

    C’était presque beau de voir les strates de couleurs dans les tas, ça me rappelait les types de roches sédimentaires qu’on nous enseigne à l’école, avec des fossiles dedans pis toute. Avec l’ambiance de mini toilette publique chinoise qui a cessé d’être entretenue à la mort de Mao, c’était tout simplement charmant.

    Bref, le plus beau dans tout ça, c’est qu’entre les trous il n’y avait pas de murs. Pas de panneaux. Donc le monsieur qui est entré 30 secondes après moi, il aurait eu beau prendre le trou le plus éloigné du mien (ce qu’il n’a évidemment pas fait), on aurait quand même eu un trop plein d’intimité avec nos fesses à l’air.

  6. Quelle a été votre plus belle vue ?
    Il y en a eu plusieurs, parce que si certains courent les jupons, moi je cours les vues. Outres toutes celles de la Voie lycienne et de la Cappadoce, celle qui m’a marqué à jamais est en Géorgie. Après 11h15 de marche, après avoir passé une rivière glacée à dos de cheval grâce à la générosité de trois chasseurs Géorgiens et m’être battu contre un flanc de montagne et sa jungle impénétrable, je me suis retrouvé sur une crête sublime. Je n’avais plus d’espace sur ma carte mémoire, mais j’ai tout de même pu prendre la vue de l’intérieur de la tente et une des environs, avec le glacier comme voisin de chambre. Une soirée pour l’Histoire.

    Géorgie

    Vue de l’intérieur de la tente, avec la rivière à traverser et le flanc à gravir.

    Géorgie

    Vue des environs, avec ma tente et mon t-shirt qui sèche.

  7. Quel est le plus bel échange que vous avez eu avec un local ?
    Enseigner l’anglais en Chine me donne chaque jour des moments absolument adorables avec mes petits élèves. Ceux qui sont tristes de me perdre comme professeur lorsque leur horaire n’est plus compatible avec le mien, ceux qui viennent me sauter dessus à mon bureau, ceux qui me donnent un bec sur les cheveux parce qu’ils sont « jaunes » et ceux qui adoptent toutes mes expressions. Ceux qui me font rire et que je peux faire rire. C’est du Beau à perte de vue.Pour un exemple plus spécifique, je dirais les funérailles turques auxquelles je me suis joins lors de la Voie lycienne. L’hôte – qui venait de perdre son père – sa famille et ses amis proches m’ont fait sentir comme l’un des leurs, malgré des différences générationnelles, linguistiques et religieuses à n’en plus finir.
  8. Quel a été votre moment le plus gênant ?
    Je suis avec un Français et deux Australiens dans la steppe mongole. On passe la journée à goûter la « fine cuisine mongole » offerte par une famille: lait de jument fermenté, fromage de lait de jument, biscuits de lait de jument, yogourt chaud de lait de jument, vodka de lait de jument. Bref, l’estomac « sort de sa zone de confort » en tabarouette.On se fait accueillir dans une yourte pour la nuit. On se couche par terre, près du poêle central classique aux yourtes mongoles. Je somnole mais me réveille tout d’un coup, m’asseyant dans mon sac de couchage. Je tousse un peu et de petits échantillons de vomi se répandent sur mes affaires. Je me lève en vitesse, me dirige vers la petite porte mais je n’y peux rien: je vide le tout à un pas de l’entrée. Charmant.Je prends mon papier de toilette pour essuyer mes vêtements et mon visage, ouvre la porte du poêle et le jette dans le feu. Au même moment, mais une fraction de seconde trop tard, deux Mongols s’écrient: « No no no no no! »Oups…

    Le feu au centre de la yourte mongole, il est un peu… sacré. Donc pas de papier, pas de déchets. Surtout pas de papier de toilette plein de vomi.

    COMMENT S’INTÉGRER À UNE NOUVELLE CULTURE 101

  9. Quelle est la chose que vous avez fait en voyage dont vous êtes le plus fier ?
    Outre quelques bourdes culturelles de temps à autre, je me questionne souvent sur les impressions que je laisse ici et là à ceux que je côtoie vraiment. Sur ce que je peux dégager en tant qu’ « ambassadeur » du Québec, du Canada, du globetrotteur, de l’occidental. En tant que quelqu’un qui vient, qui profite et qui repart. Je suis beaucoup influencé et touché par les gens que je rencontre et tout ce qu’ils peuvent m’apporter (en terme d’expriences et de relations), mais je ne suis jamais certain de ce que j’ai à offrir en retour.Ce dont je suis le plus fier, au risque d’être quétaine, est donc probablement tous ces moments et rencontres dont l’appréciation fut réciproque. Où j’ai réussi à offrir un petit quelque chose, un souvenir peut-être, en retour.Cette idée qui semble assez vague m’a frappée peu après mon arrivée en Chine: pour la troisième fois en l’espace de deux semaines, quelqu’un m’a exprimé une estime très sincère. La première de ces trois personnes, en Mongolie, pointait mon coeur en disant:

    « T’as quelque chose de bien là. Perds-le pas. »

    Bref, je pourrais certainement vous énumérer quelques hauts faits qui m’ont rendu fier comme un coq de par la sueur et la détermination que j’y ai investies, mais rien ne peut égaler l’impression qu’à quelque part, j’ai bien fait les choses. C’est de me dire que je ne voyage pas seulement pour prendre et apprendre, mais que je peux aussi donner et enseigner.

    Et ça, c’est ben assez pour me rendre heureux et fier.

  10. Quelle est l’erreur que vous ne referez plus ?
    Accepter l’invitation de trois motards polonais (début quarantaine) pour me joindre à eux et fêter/trinquer de la vodka à leur dernière soirée en Géorgie.En fait, mon erreur a surtout été d’avoir essayé de tenir le rythme. Et d’y parvenir.
  11. Les 3 plus belles photos que vous avez faites en voyage?
    La première est en Cappadoce, Turquie, et ce n’est peut-être pas évident de remarquer tout ce que contient l’image. En pleine nature, on voit ici et là (surtout vers la droite, puis hors de la photo) les formations rocheuses roses et uniques de la Cappadoce qui en font un de mes endroits préférés sur Terre. Elles semblent petites, parce que ma tente (et le sentier) est sur une crête qui plonge vers la vallée. À cela et au coucher de soleil s’ajoute la ville millénaire que l’on devine à peine au loin à gauche (au-dessus de ma tente), creusée à même les bouts de falaise par des Chrétiens qui fuyaient l’invasion musulmane de la région. Bref, c’est beaucoup plus qu’un simple coucher de soleil.

    1

    Cappadoce, Turquie.

    La deuxième est juste belle, étant donné mon petit appareil photo compact incroyablement lent, limitant et tout simplement anti-créativité. Il s’agit d’un des principaux temples bouddhiste de la capitale mongole.

    Mongolie

    Oulan-Bator, Mongolie.

    La troisième demande aussi un minimum de contexte. Vers la fin de ma troisième journée de randonnée dans la région de Svaneti en Géorgie, j’arrive à un petit village, plante ma tente et me dirige vers la rivière pour me laver. C’est en constatant la pure liberté que je vis à ce moment précis que je décide de l’immortaliser. Mais un détail s’impose: mon appareil photo n’a plus de batteries! Je l’allume, le pose sur une roche en espérant qu’il ne glisse pas dans le torrent, mets rapidement un décompte de 10 secondes et retourne me laver.

    L’appareil photo s’est fermé. J’ai fini de me laver. Quelques heures plus tard, j’ai réussi à l’allumer de nouveau pour y trouver cette photo-là:

    2

    Ushguli, Géorgie.

Je mets en nomination:

Je ne connais malheureusement que très, très peu de blogs. Particulièrement des blogs amateurs et actifs. Je vais donc me limiter à celui qui me semble réellement pertinent/intéressant/approprié:

Cyclovent : un couple d’amis européens rencontré dans le transibérien alors qu’ils étaient au milieu d’une épopée à vélo entre la France et la Mongolie. Des aventuriers, des guerriers-voyageurs, des campeurs, des marcheurs, des cyclistes et des penseurs à découvrir et à suivre sur leur blog et, surtout, sur leur page Facebook régulièrement mise à jour.

À Delphine et Simon, je pose donc ces 11 questions, à répondre (séparément si besoin est) lorsque bon vous semblera:

  1. Quel est la plus belle randonnée que vous ayez faite, en termes de paysages et de nature?
  2. Où vous êtes-vous sentis le plus dépaysés?
  3. Avez-vous déjà craint pour votre vie en voyage?
  4. Vous qui avez voyagé à pied et à vélo, qu’appréciez vous de l’un que l’autre ne permet pas?
  5. Quelle est l’erreur que vous ne referrez plus?
  6. Quel est le plus bel échange que vous ayez eu avec un local?
  7. Vous devez vous installer pour de bon dans un pays hors de l’Europe de l’ouest, lequel choisissez vous?
  8. Quelle est la chose la plus dûre pour vous en voyage?
  9. Qu’avez-vous découvert chez l’autre, grâce au voyage à deux (manie, trait de caractère, qualité, défaut, etc.)?
  10. Comment gérez-vous les langues étrangères?
  11. Qu’est-ce que le voyage vous a apporté (ou appris) que vous n’auriez pas pu trouver ailleurs?

Enfin, bien que je ne puisse le mettre en nomination, je vous invite une fois de plus à découvrir le blog d’Aline et Guillaume, sur lemondeadeux.com!

Alexandre

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