Mes moments de voyage les plus difficiles de 2015

Je vous aurais bien parlé des « pires moments de 2015 », pour faire écho aux « meilleurs », mais étant donnée mon affection pour les épreuves, le terme « pire » me semblait trop péjoratif. Voici donc, sans distinction de bien ni de mal, de premier ni de dernier, les moments qui m’ont donné le plus de fil à retordre durant cette dernière année de voyage.

Être malade dans un train chinois

Chine

Le train le plus lent entre Pékin et Shanghai prend quelque chose comme 20 heures pour faire le trajet. Question d’économiser un peu, j’ai décidé de le faire de nuit et de prendre un siège plutôt qu’une couchette. Une place minuscule sur un banc dur, entassé avec deux Chinois et partageant un échantillon de table avec cinq autres personnes toutes plus petites que moi, mais aux épaules tout de même trop grandes pour leur espace réservé.

Bref, zéro confort et zéro sommeil.

Et puis j’étais un peu malade. Le genre de truc qui infiltre tous les muscles et articulations pour te faire sentir comme si tu venais de passer sous le train, et qui met ton crâne dans un étau. Une journée/nuit parfaite!

Sans compter que j’avais oublié d’apporter de l’eau. Et que coincé au fond du banc, je n’ai eu l’occasion d’en acheter que deux heures avant d’arriver. Comme si c’était le bon moment pour me déshydrater…

VINGT HEURES DE PUR BONHEUR. Ça m’aura pris deux journées complètes pour m’en remettre.

La distance

Chine

Bien que je pourrais cerner un ou deux moments précis plus difficiles que d’autres, la distance est un incontournable quand il s’agit des difficultés du voyage. Se sentir loin de ses amis et de sa famille est non seulement pénible lorsqu’on traverse de durs moments, ça l’est encore plus lorsque ce sont ces gens qui semblent avoir besoin de nous.

Bien que cette liste contienne plusieurs grandes épreuves de cette dernière année, très peu m’auront touché aussi profondément que cette impuissance forcée que la distance physique installe.

Le col Cho La (et penser y rester)

Népal

Mon troisième col dans les Himalayas – mon deuxième en une semaine – était le col Cho La. Départ à 4700m d’altitude, ascension jusqu’aux 5420m du col, puis descente jusqu’à 4900m.

Un mal de tête qui durait depuis la veille n’augurait rien de bon. Ajoutez une nuit passée à grelotter plutôt qu’à dormir et un rythme trop rapide pour rester près de deux trekkeurs qui ne portaient rien, et vous aurez une excellente formule pour vous épuiser mentalement et physiquement.

À une heure du sommet, convaincu que le mal aigu des montagnes s’était infiltré en moi, je voyais le scénario classique se dessiner à l’horizon : épuisement généralisé, je continuerais à grimper et empirerais mon état qui se dégraderait rapidement. Devant ma situation géographique pour le moins reculée, dire que les portes de sorties n’étaient pas nombreuses serait un euphémisme.

Devant la possibilité de me faire avoir par la montagne et d’y crever, j’étais tout-à-coup bien impuissant.

Finalement, je me suis tiré de cette épreuve sans complications, c’est surtout grâce à la chance. Et un peu, aussi, aux soins que j’avais portés à mon acclimatation.

Hallelujah.

Vomir sept fois sur les montagnes d’Avatar

Chine

Dans le parc national de Zhangjiajie, cet endroit aux montagnes irréelles qui ont inspiré les paysages du film Avatar, il y a une auberge de jeunesse qui se situe sur le dessus du plateau de montagnes. J’y suis resté deux nuits, prenant le temps de bien explorer le parc et ses sentiers.

On m’avait toutefois averti : la cuisine de l’auberge laisse à désirer. Vraiment.

Malgré tout, j’ai cru qu’après un an au « pays du milieu » (traduction littérale de Zhōng guó, le  nom de la Chine en chinois), je serais immunisé. Mais penser ainsi, c’était sous-estimer la capacité de ce pays à concocter des mets bizarres tout en ignorant complètement les normes d’hygiène. Une merveilleuse idée quand il n’y a clairement aucun hôpital accessible dans les environs.

Bref, je me suis levé sept fois dans la nuit pour aller régurgiter. Les deux premières fois, j’avais quelque chose dans l’estomac pour vomir. Mais pas les cinq autres (bonjour la douleur!). Et les quatre dernières fois, ça s’est mis à sortir par les deux bouts… Comme en alternance.

Charmante façon de se vider.

Quitter les amis rencontrés à Pékin

Chine

Les séparations auront commencé par trois amies au printemps, suivies par une panoplie d’autres soirées d’adieux à mesure que l’été s’installait. Mes deux premiers amis en Chine (Jean-Marc et Vojta) on ensuite quitté, puis celui qui m’a accueilli à mon école, Mike.

L’un des moments les plus difficiles fut probablement cette fin de soirée où je dû quitter un couple de Québécois rencontrés trop tard à mon goût. Laurence et Frédéric se seront rapidement glissés au haut de la liste des amis dont le temps n’a aucune chance d’éroder le souvenir, et de savoir que je ne les reverrais pas avant plusieurs mois – voire plusieurs années – fut particulièrement difficile.

Atteindre la limite de mon anglais

Chine

L’un de mes élèves préférés, c’est-à-dire de tous ceux à qui j’enseignais, avait passé deux ans aux États-Unis. Son nom anglais était Billy, et il avait neuf ou dix ans. Évidemment excellent en anglais suite à ce long séjour, il avait un père avocat très exigeant qui le forçait à progresser très vite et qui me demandait tous les trucs et conseils possibles pour le faire travailler à la maison.

Jusqu’au jour où le livre que nous lisions contienne un mot que je ne connaissais pas. Puis un autre. Et un autre. Ce jour où les exercices de grammaires que nous devions faire commencèrent à être trop avancés pour moi: j’apprenais en même temps que lui…

C’est assez stressant d’enseigner l’anglais alors que je ne suis pas enseignant, que l’anglais n’est pas ma langue maternelle et que je ne suis pas encore bilingue. C’est stressant, parce que c’est ce qui est vendu aux parents de mes élèves, et c’est la raison pour laquelle ils me font confiance.

D’en arriver à frôler les limites de mon anglais et de risquer de me faire « démasquer » a fait couler grosses gouttes de sueur sur mon front.

Heureusement, je quittais Pékin un mois plus tard…

Voir mes rêves tomber à l’eau

Népal

Deux jours après la traversée du col Cho La (à 5420m, celui qui m’a donné une frousse), j’apprends que mon rêve de faire l’ascension d’Island Peak (6189m) ne se réaliserait pas. En effet, des changements politiques au Népal ont bouleversé le processus d’obtention des permis pour les sommets de plus de 6000m, et il était dorénavant impensable pour moi de m’en procurer un.

J’avais envie de pleurer…

Deux jours plus tard, ayant tout juste vaincu la tourista (diarrhée du voyageur), un ciel blanc et beaucoup trop de neige me font comprendre que je devais oublier le col Kongma La (5550m). Il était impraticable. C’était mon troisième sur ce trek, mon dernier, mon plus haut et celui qui s’annonçait le plus ardu. Bref, le plus excitant.

Accepter de modifier mes plans sans préavis a rarement été un problème pour moi, c’est même l’une des joies du voyage. Mais de voir non pas un, mais deux rêves aussi précieux s’envoler en fumée l’un après l’autre, ça brise le cœur!

*****

À contempler cette liste, l’année 2015 n’aura pas été une année particulièrement « difficile ». Disons plutôt que j’aurai été malade un peu plus souvent que je ne l’aurais souhaité. Parce que… qui a vraiment envie de visiter un hôpital chinois? Ou d’être trop creux dans les montagnes pour y avoir accès?

Malgré tout, mon année 2015 fut riche en leçons et apprentissages de toutes sortes.

Bref, une année exactement comme je les aime! 🙂

..

Alexandre

[Cliquez ici pour voir mes meilleurs moments de voyage de 2015!]

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