Un an en Australie ou l’art de rentrer à la maison

J’aurai donc vécu une année de ma vie à Melbourne, en Australie.

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Onze mois, pour être exact.

L’objectif, en passant de Bali à Melbourne (tout comme pour mon séjour de onze mois à Pékin), était de travailler et d’économiser tout en expérimentant la vie dans un nouvel environnement. Mais pourquoi l’Australie, cette fois-ci?

Parce que suite à mon séjour en Chine, je me suis empressé de tirer quelques leçons de mon expérience et d’établir certaines lignes directrices pour mon prochain arrêt aux puits.

La première : l’importance de l’ultimate Frisbee (et du sport en général) dans mon quotidien. Suite à une année complète sans jouer au ultimate et pendant laquelle l’escalade de bloc (pratiquée majoritairement seul) fut ma principale – pour ne pas dire unique – activité physique et sportive, je savais qu’une autre année de travail sans pratiquer intensément un sport que j’adore serait extrêmement difficile tant mentalement que physiquement.

La deuxième : l’importance de très bons amis, ou de la possibilité d’en découvrir de nouveaux. Car si l’exotisme et le dépaysement liés à une année en Chine apportent leur lot d’expériences enrichissantes, l’envers de la médaille se reflète dans la maigre communauté d’immigrants qu’on côtoie. Incidemment, on ne trouve qu’un minuscule bassin d’étrangers pour y repêcher les personnes de confiance vers qui se tourner pour une amitié profonde et authentique.

Mon vagabondage à travers le sud de la Chine, le Népal et l’Asie du sud-est m’emmenait logiquement à passer en Australie, mais c’est surtout la possibilité de combler ces deux manques qui ont fait de Melbourne une destination incontournable et un choix évident.

Du moins, c’est ce que j’espérais. La réalité, que je goûte avec quelques mois de recul, me fend un sourire large comme la Terre.

Je ne prétendrai pas que de travailler comme ouvrier en construction/paysagement/béton/peinture/carrelage fut une révélation pour moi. De dire que j’ai mis de côté un maximum absolu d’économies serait tout aussi faux.

C’est plutôt d’avoir performé au ultimate Frisbee avec une équipe masculine élite, un niveau bien plus élevé que tout ce que je n’avais jamais fait auparavant et qui pourrait m’emmener aux Championnats Mondiaux de 2018 aux États-Unis qui me rend particulièrement fier. Des mois d’efforts, d’entraînement et d’apprentissage auront laissé derrière eux un goût d’accomplissement personnel qui donne drôlement envie de recommencer, et les tournois qui m’ont traîné de Sydney à Hawaï figurent déjà parmi mes souvenirs de voyage favoris.

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Et pourtant, malgré le niveau de performance que j’ai pu atteindre dans le sport que j’aime le plus au monde, ce sont avant tout une poignée d’amitiés nouvelles qui ont rendu cette année de « travail » en Australie particulièrement inoubliable.

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Jessica et Mikaël, pour être plus précis.

Après plusieurs années à l’étranger, le sentiment d’être réellement « chez soi » fut… indescriptible.

Deux joueurs d’ultimate originaires de ma ville natale, avec qui je ne serai tombé profondément ami qu’à l’autre bout du monde et seulement dix ans après les avoir rencontrés, sont rapidement entrés dans le panthéon de mes personnes préférées. Et avec toutes les différences qui existent entre nous, tant dans nos visions du voyage, de l’avenir, dans nos goûts cinématographiques et nos façons de penser, ce couple modèle et voyageur aura fait germer plus d’une réflexion en moi.

D’abord sur la complicité, le compromis et la complémentarité en couple.

Puis aussi, plus récemment, sur la réelle signification de ce qu’est être « chez soi ».

À mes yeux, « home » comme disent les Australiens, ce n’est pas forcément la maison de mon enfance, mon ancien lit simple qui attend chez ma mère ou la ville dans laquelle j’ai grandi et étudié. Il est vrai qu’avec des parents qui se sont séparés avant que j’aie deux ans, avec un déménagement physique, mental et émotionnel à toutes les semaines jusqu’à mes 17 ans, la question du « chez moi » pourrait prendre une dimension propre à mon vécu. Mais même en tentant de faire fi de mon expérience, je réalise que « chez moi », ce n’est pas nécessairement un endroit que je connais par cœur.

Avec Mik et Jess comme colocataires durant cinq courts mois, et comme à quelques autres reprises déjà, j’ai eu l’impression que « chez moi » n’avait pas de numéro de porte. Pas de ville. Pas de pays.
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Parce que je pouvais me sentir réellement chez moi littéralement à l’autre bout de la Terre, parce qu’il m’est arrivé d’avoir ce sentiment à Istanbul, à Montpellier et à Pékin, j’ai compris que ce n’était pas l’endroit qui devenait « chez moi ». Ce sont les gens autour de moi.

Des gens que j’aime, et qui m’aiment, aussi simple cela puisse-t-il paraître, sont la charpente et le numéro de porte de ce sentiment d’être à la maison.

*****

La chanson que j’ai écoutée le plus souvent depuis le début de mon voyage est probablement The Road, de Old Man Canyon, un petit groupe Canadien. Le refrain va comme suit :

« I’ll go the way less walked to find
All the roads that wind
Between the trees, over the seas, I’ll go
Till I’m home »

Old Man Canyon (The Road)

Je ne dirais pas que Jess et Mik, ou Carlos, Laura et Matt auront donné un sens à ces paroles. Mais ils m’auront certainement appris qu’il y aura toujours un petit chez moi là où il y a des gens aimés. Que ce soit à leur adresse quelque part autour du globe ou encore à Lévis, à Montréal et un peu partout en Estrie, je me sens chez moi.

Je suis chez moi.

.

Alexandre

 

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