Comment prendre une décision impossible

Vers la fin de l’année 2016, et durant les premiers mois de 2017, je me suis beaucoup questionné quant à ce que je voulais pour mon avenir. J’étais en Australie depuis six mois à travailler et économiser pour… je ne savais pas quoi encore. Je me demandais vers où je voulais diriger ma vie, quels rêves m’étaient les plus chers et quels projets méritaient que je m’y investisse totalement. Autrement dit, je devais décider où j’irais et pourquoi.

Parmi les options : me lancer dans un programme de maîtrise qui m’a toujours intéressé, préparer un tour du monde à pied, travailler en Russie et randonner d’un bout à l’autre de la Géorgie.

Arrivé à une croisée des chemins, ayant réalisé la plupart de mes grands rêves de jeunesse, je devais définir la direction que prendrait ma vie à court et moyen termes. Rien de moins!

« Et j’ai erré, et j’ai erré, » disait Jean Leloup.

À force de chercher une réponse aux questions infinies et un moyen de prendre les décisions impossibles à trancher, j’ai fait quelques pas par en avant. J’ai trouvé des pistes de solution chez ceux qui m’avaient inspiré et impressionné, entre autres. Et puis j’ai trouvé une façon. Une réponse qui se posait comme un gant sur mes angoisses.

C’est un livre offert par ma mère à Noël qui posa la première pierre. Lire « Conversations avec Dieu » ne s’annonçait pas particulièrement révélateur pour moi, agnostique jusqu’à l’os, mais c’est à la fois surpris et ravi que j’en ai tiré un concept – une question – puissante comme tout :

« Qu’est-ce que la meilleure version de moi-même ferait? »

Refouler la rancœur, l’envie ou la jalousie n’est pas toujours chose facile. Mais dans une situation X, ou devant le choix Y, s’imaginer une version de soi-même à son meilleur permet de se rappeler son propre potentiel et le prendre en idéal. Se souvenir d’à quel point on peut être bon, généreux, sage et d’à quel point on aimerait l’être plus souvent. Il ne s’agit pas d’une version parfaite (ni différente!), mais d’un soi au maximum de ses capacités, de ses qualités.

Je me suis rarement senti aussi bien avec moi-même qu’en agissant de la même façon que, j’en suis convaincu, le meilleur Alexandre Bilodeau Desbiens possible aurait agi dans cette situation.

Les décisions difficiles à prendre, qu’elles soient existentielles ou banales et quotidiennes, le sont parce que la balance entre les « pour » et les « contre » de chacune des options ne penche pas de façon évidente d’un côté ou de l’autre. Chaque option est valable, et bonne à sa façon.

Il y a quelques années, entrer à l’université pour faire un baccalauréat en Philosophie avait beaucoup de « pour », et plusieurs « contre ». Choisir le baccalauréat en Intervention plein air avait aussi beaucoup de « pour » et plusieurs « contre » qui équivalaient ceux d’un diplôme en philosophie.

Comment choisir?

Parfois, il ne suffit que de réfléchir à la version de nous-mêmes qui nous semble la « meilleure ». La plus admirable, la plus courageuse, la plus honorable ou la plus heureuse, peu importe. Du moment que l’on ait ce sentiment qu’il s’agit de la meilleure version possible, on peut évaluer les choix qui y mènent et faire ces choix. Consciemment.

Plusieurs années plus tard, c’est-à-dire en janvier dernier, faire une maîtrise en Droit International et Relations Internationales Appliquées avait beaucoup de « pour », et quelques « contre », alors que traverser la Géorgie à pied et visiter une région qui me fascine profondément en possédait tout autant. Sauf que cette fois-ci, ils étaient… différents l’un de l’autre, dans leur essence même.

Dans ce cas, comment prendre ce genre de décision où des valeurs différentes, mais toutes aussi importantes, s’affrontent? Tout le monde sait qu’on ne peut pas comparer des pommes et des poires…

En fait, selon la philosophe américaine Ruth Chang, oui. L’idée (que l’on pourrait presque considérer comme une extension de la précédente), est de simplement décider de ce que l’on veut représenter et défendre en tant qu’individu.

Trop simple? Presque.

Peser les conséquences de deux options devant soi ne mène pas toujours à une décision éclairée, pour une raison bien simple : l’avenir ne se prédit pas. Impossible pour moi de dire si j’ai réellement plus de chances de terminer heureux et accompli en poursuivant des études en politique qu’en traversant une panoplie de montagnes inconnues du grand public. Tout peut arriver.

Ce que je peux décider, et contrôler, ce sont les valeurs que je veux défendre. Les intérêts et le mode de vie que j’aimerais représenter. Les principes que je souhaite incarner.

Je peux décider, entre les deux Alexandre Bilodeau Desbiens possibles devant moi, de celui auquel je voudrais être associé. Celui que je veux voir devenir la meilleure version de lui-même.

Et ça, même si ça ne répond pas à toutes les décisions tellement difficiles à prendre et à tous les choix déchirants à faire, c’est un sacré bon début.

 

Alexandre

P.S. : Demain, Julie et moi aurons traversé la Géorgie à pied.

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