Comment saisir son rêve

Quatre ans et demi, c’est long. Parlez-en à ma mère!

1608 jours de voyage, c’est un grand voyage. C’est un bout de vie. 16% de ma vie, pour être exact. C’est le temps qui passe entre la naissance d’un enfant et son entrée à l’école. C’est aussi le temps qu’il faut à une girafe pour mener à terme une grossesse.

Alors, que faut-il pour en arriver à réaliser un aussi gros projet? Comment est-ce que quelqu’un peut voyager aussi longtemps? Quelle est la recette pour vivre un rêve – quel qu’il soit – malgré toutes les obligations du quotidien?

Ou, comme une aventurière québécoise me le demandait suite à mon vidéo « 1358 jours autour du monde » : « Comment tu y arrives? Comment tu t’es préparé? »

Une réponse vraie, personnelle et honnête a deux visages. Ce texte est à propos du premier.

Bille en tête

La pierre d’assise d’une aussi grande aventure fut, pour moi, d’accepter que je ne peux pas tout faire, et ne pourrai jamais tout faire. En d’autres mots, je dois et devrai faire des choix. Des sacrifices. Je devrai abandonner des idées, des projets et même des passions.

Pour l’adolescent qui, jadis, croyait dur comme fer que « si tu veux, tu peux », ça détonne.

D’accepter cette réalité – et ses limitations intrinsèques – m’a fait comprendre à quel point il était important de bien choisir mes priorités. Je ne voulais pas me retrouver à courir trop de lapins en même temps pour finalement n’en attraper aucun. Ou ne pas attraper celui qui, au fond, me comblerait le plus. Ce fut donc un long travail personnel pour visiter et revisiter mes idées de projets, explorer de nouvelles voies, rechercher d’autres options et m’informer sur ce qui avait déjà été fait jusqu’à ce que je puisse cerner quelles avenues m’intéressaient le plus.

Ce furent le voyage et le plein air.

ballons

« J’ai choisi, me répondit-il un jour avec calme et grandeur. Rien ne coûte quand on connaît sa vérité. »

– Alexandre Jardin (Ma mère avait raison)

En ayant identifié clairement lesquelles de mes priorités étaient les plus essentielles à mes yeux, j’avais fait le premier pas. Certes, j’étais captivé par la politique et la philosophie. Je nourrissais aussi une immense passion pour l’ultimate frisbee et l’écriture. Mais je savais que je ne pourrais pas tout faire. Alors j’ai choisi.

À partir de ce moment précis, j’ai su que si je voulais être satisfait de mes réalisations en termes de voyage et de plein air – si je voulais éviter de sentir que je pourrais m’investir plus, voyager plus, monter des montagnes plus excitantes – je me devais de sacrifier tout le reste à ce projet-là.

Ce fut l’étape suivante : les sacrifices.

Le but était simple : pour voir jusqu’où je pouvais aller, pour savoir de quoi j’étais capable, je me devais de m’investir totalement. Pas à moitié, pas même à 90%.

Totalement.

C’est seulement en donnant toute mon énergie à ma « priorité prioritaire » que je pourrais savourer le fruit de mes efforts sans regret, sans l’arrière-pensée que « j’aurais pu mieux me préparer, économiser plus, mieux m’équiper, faire ceci ou cela de plus », etc. Je pourrais connaître mon vrai potentiel, et savoir si je désirais continuer dans cette voie, avec cet ensemble de priorités.

J’ai commencé à réfléchir à un projet de voyage sac à dos et à m’informer : sur les grandes randonnées à faire dans le monde, sur les trucs à ne pas manquer en Mongolie, sur les paysages dans le sud de l’Europe, sur les visas pour la Turquie, sur les façons d’acheter des billets de transsibérien… Sur tout ce qui pouvait me passer par la tête et qui touchait de près ou de loin mon projet! Ça l’a amené à grossir et changer, et ça m’a surtout préparé à m’adapter, jusqu’à me permettre de travailler à l’étranger pour continuer.

J’ai aussi décidé de me faire un budget, et de le tenir bien serré. J’ai décidé de travailler un peu plus que nécessaire, en vue d’économiser. J’ai décidé de couper les dépenses sur à peu près tout, mettant de côté l’idée d’avoir une voiture, un téléphone cellulaire, autant de sorties que la majorité de mes amis et toutes ces gâteries qu’on trouve à l’épicerie. J’ai été radin – et le suis encore souvent.

J’ai aussi décidé d’aller passer un été dans l’armée canadienne. On m’avait dit à l’époque : « Ça ressemble à quelqu’un qui ne sait pas trop où il s’en va! »

Six mois plus tard, j’étais à l’aéroport de Montréal, un aller simple au fond des tripes.

En voyage, j’ai décidé d’opter plus souvent qu’autrement pour l’option économe. Sans me priver de ce qui m’allume, j’ai utilisé l’autostop, le covoiturage, le couchsurfing et les workaway. Je m’en suis souvent tenu au minimum, question d’y aller à fond quand ça comptait vraiment.

Tout ça, c’était ma façon de choisir entre devenir un jeune carriériste socialement responsable, un écrivain ou enseignant passionné, un athlète accompli et… celui que je suis aujourd’hui.NépalVoilà le processus qui a fondé mon voyage. La même approche qui a par la suite mis au monde mes autres grands projets comme la Voie Lycienne, enseigner en Chine et mes treks au Népal. Même la décision de jouer une saison complète d’ultimate frisbee avec l’une des meilleures équipes d’Australie est passée par cette réflexion précise : je n’aurais jamais été sélectionné au plus haut niveau de compétition si je n’avais pas pu compenser mon manque de talent par une assiduité mentale et un entraînement physique complets.

Et ça a marché.

hot chilly

J’ai foncé, bille en tête, et je l’ai eu. J’ai su de quoi j’étais capable, et jusqu’où je pouvais aller en m’investissant corps et âme. Et aujourd’hui, je peux décider d’augmenter l’intensité d’un cran et d’aller plus loin, ou de réorienter mes priorités et de m’explorer dans un autre domaine.

Choisir mes priorités, faire les sacrifices nécessaires et garder mon objectif en tête sont mon pain et mon beurre, et je crois sincèrement que la même recette peut s’appliquer à bien des situations, pour ne pas dire bien des gens.

Mais ce n’est là qu’une partie du résultat final. Une multitude de facteurs viennent l’influencer et, souvent, le déterminer bien plus tôt qu’on ne le croit…

(Lire la suite ici.)

 

Alexandre

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